Switch Krooked - photo : Cédric Bourout

Bertrand Soubrier

« j’avais fait une vidéo, mais je ne ne l’ai jamais envoyée »

A partir de quel âge est-ce qu’on devient vieux dans le skate ? 40 ans ? Donc ça y est ?

Ah non, j’ai 39 ans, il me reste six mois ! Regarde Stéphane Larance et Jérémie Daclin, ils ont 42 ans je crois, et ils ont encore la forme ! Donc peut-être à 45 !

Quel est le plus vieux skater que tu sponsorises via Haze ?

Jérémie.

Et le plus jeune ?

Peut-être Victor Campillo…

Est-ce que tu penses qu’il y a des skateurs trop jeunes pour être sponsorisés ?

Oui, parfois quand tu es petit tu n’as pas encore de style, de pop…

Il faut aussi laisser le temps aux kids de se faire une idée de la valeur des choses, non ?

Oui, c’est sûr… Les kids ne se rendent pas compte… Parfois ils n’ont même pas appris à dire ‘merci’…

Tu reçois beaucoup de ‘sponsor me tapes’ ?

Ça arrive, surtout via Instagram et Facebook. Disons une par semaine.

Et est-ce que ça t’es arrivé de sponsoriser quelqu’un via une de ces vidéos ?

J’ai juste envoyé un petit colis une fois à un kid de La Réunion après avoir vu ses vidéos sur Instagram.

Y en a-t’il eu une, de vidéo, qui était complètement dingue ?

Non ! Ah ah ! C’est jamais des mecs qui ont un bon niveau, je pense simplement que c’est des kids qui n’ont pas idée de ce qu’est un sponsor…

Ça veut dire quoi, alors, « être sponsorisé » ?

C’est représenter une marque, en faire la promotion. Déjà, si tu envoies une vidéo à une marque en particulier, c’est que tu apprécies l’image qu’elle véhicule, et que tu as envie d’en faire partie. Ensuite, il faut que ce soit quelqu’un qui produise du contenu sur son Instagram par exemple, ou qui ait des parutions dans des magazines ou des vidéos. Je ne leur demande pas de mettre des stickers partout sur leurs boards ou de mettre des hashtags tout le temps, au moins qu’ils skatent les produits et qu’ils les apprécient. Et parfois je leur demande des images pour alimenter le site ou Instagram…

Qui est le plus productif de l’équipe ?

Michael Mackrodt ! Et JP Villa. Et Hugo Maillard ! Sinon je cours un peu après Oscar mais c’est pas grave, tant qu’il a des parutions régulières que je peux relayer, ça va !

Est-ce que toi-même, tu as déjà fait une « sponsor me » ?

J’en avais fait une mais je crois que je ne l’ai jamais envoyée ! Ah ah !

Pourquoi ?

Bah, à l’époque, il n’y avait pas Internet et c’était sur VHS, je ne savais pas vraiment à qui l’envoyer…

Tu l’aurais envoyée à qui, idéalement ?

Je me souviens que j’avais fait un skate-camp à Bourges et que j’étais trop saucé de Planet Earth ! Il y avait Mirko Mangum qui m’avait dit d’envoyer une tape et m’avait juste donné un numéro. Donc j’avais appelé là-bas et j’étais tombé sur Jason King. Il m’avait passé tous les mecs du team, un par un ! Et moi je parlais à peine anglais…

T’avais eu Mirko ? Il se souvenait de toi ?

Plus ou moins… mais ça n’avait rien donné. Et j’avais même pas envoyé ma vidéo ! J’étais juste content qu’il se souvienne de moi ! Ah ah !

C’était quoi ton premier sponsor ?

C’était les roulements Film, la marque de Jérémie Daclin. J’avais eu un « vos gueules » dans Sugar, on s’était croisé sur un salon et il m’avait filé des roulements et quelques boards. En tous cas, j’avais fait une vidéo, mais je ne ne l’ai jamais envoyée heureusement ! C’était l’époque des 411, j’avais voulu faire pareil, je m’étais filmé en train de parler en anglais « my name is Bertrand », etc. Ah ah ah !

Ah ah, en même temps, c’était comme ça que ça marchait à l’époque !

Oui, je disais mon âge, où j’habitais… Si je la retrouve, j’essayerai de la mettre en ligne !

À la place d’une marque de roues, tu n’as jamais pensé à ouvrir un skateshop ?

Si, mais je n’ai jamais vraiment eu envie parce qu’avec un shop, tu es bloqué au magasin. Avec une marque, tu peux bosser de chez toi, le dimanche ou la nuit, tu n’as pas d’horaire fixe. Je préfère ça.

Vu que la plupart des marques de boards font des roues, pourquoi Haze ne ferait pas de boards ?

Les boards c’est compliqué… Il y a moins de monde sur le marché des roues. Les boards, c’est saturé, c’est faisable en petite quantité, genre 50, alors que les roues il faut en faire beaucoup plus… Je pense que c’est plus facile de faire une marque de boards aujourd’hui parce que c’est accessible, mais par contre, c’est plus difficile de perdurer. Et faire une marque, c’est comme faire un enfant, c’est facile, mais s’en occuper et l’élever, c’est une autre galère ! Ah ah !

Ollie up 180 switch krooked Blunt tirette Rock N Roll

Sponsors : Screwheads, Wrung, Lakai, Nozbone depuis 2016.
Né le 25 aout 1977 à Paris

Interview réalisé par: