Switch Five O - photo : Spoon

12 questions : Franck Barattiero

« C'est vrai qu'à l'époque, on était assez fermés !  »

Combien de fois par semaine est-ce qu’on te parle du switch BS five-o à Reuilly-Diderot ?

Ah ah ! Au moins une fois par semaine. La dernière fois c’est César (Dubrocca) parce qu’il est allé le skater, la semaine dernière. Chichi (Yann Garin) m’en a aussi parlé récemment. On est allé skater et il me disait que je ne serais même pas capable de le refaire sur un curb normal, l’enfoiré ! Du coup j’en ai filmé un que je lui ai envoyé !

Tu te souviens de ta première parution ?

Oui, je ne sais plus si c’était dans B-Side, Noway ou Anyway… C’était un check-out dans un de ces magazines, en nosebone sur le hip au skatepark de Versailles !

T’as commencé par un nosebone, ça tombe bien !

Ah ah, oui, je me souviens que je portais un gros sweat Airwalk, ça remonte…

1991 ?

Je dirais plutôt 1992 ou 93…

Combien de temps s’est écoulé entre tes premiers tours de roues et ton premier sponsor ?

Le premier sponsor, ça devait être Asymétrique skateshop à Viroflay, en 1995… Donc environ 5 ans. En fait, c’est arrivé quand j’ai commencé à skater au skatepark dont le propriétaire était le même que le skateshop.

Et ensuite ?

Ensuite ça a bifurqué sur V7 distribution, la suite logique parce qu’à cette époque il n’y avait que très peu de sponsors… Je recevais des DC je crois, et je suis ensuite passé chez Axion. En board, j’avais des MadCircle.

Ça ne t’as jamais ouvert sur le team MadCircle américain ?

Non, c’était une époque où le lien entre l’Europe et les Etats-Unis se faisait difficilement. Même à travers un distributeur, à part JB (Gillet), Gégé (Jérémie Daclin) et Stéphane (Larance)…

Combien de temps tu n’as vécu que du skate ?

Dix ans. C’est marrant parce que ça a été proportionnel à mes besoins, au début je vivais chez mes parents et je n’avais pas tant de besoins financiers, et quand j’ai commencé à habiter avec ma copine, c’est la période où j’ai commencé à être payé. J’avais aussi le chômage, donc ça se complétait bien, et au fur et à mesure j’ai fini par gagner correctement ma vie uniquement grâce à mes sponsors.

C’est quoi « correctement » ?

Entre deux et trois mille euros par mois, jusqu’à 2006.

Comment s’est passée la transition entre ta fin de carrière et ton entrée dans la vie active ?

Ça a été brutal ! C’était une période où les marques comme Lordz, Aeon ou Blah, qui était une marque de fringue danoise, ont fermé… En huit mois je suis passé de 2500 euros à zéro ! Progressivement mais rapidement ! Je venais d’avoir trente ans et à cette époque encore c’était la fin de carrière, donc il a fallu trouver un boulot. Heureusement, à travers le skate et le réseau que je m’étais construit, j’ai pu appeler les gens qui me sponsorisaient pour proposer mes services de team-manager, ou autre… Et j’ai été embauché assez rapidement chez Lapa (distribution Lakai/DVS/Matix). En six mois je suis passé de l’autre côté… Ça a été difficile d’accepter de perdre la liberté que j’avais en tant que skater, de ne plus skater tous les jours. Le rythme de vie a changé littéralement et ça m’a pris un an ou deux pour m’adapter.

Qu’est-ce qui te parle le plus dans le skate, aujourd’hui ?

Je sélectionne les vidéos que je regarde, même si j’utilise beaucoup les réseaux sociaux pour m’informer. J’utilise surtout Insta, Facebook, et puis je vais sur Thrasher et de temps en temps les Berrics. Sur Insta, je suis pas mal de gars de ma génération comme Koston, Mariano, toute l’ancienne équipe Girl, mais je suis aussi des gars comme Shane O’Neil ou les mecs de Dime. Ça se rapproche beaucoup de la vision qu’on avait du skate, c’est assez naturel, pas de chichis, c’est très street, ça me parle. Les GX1000, aussi : skate, graff’, hip-hop, street, SF, ça aussi ça représente un peu ce qu’était le skate à notre époque, en plus trash… C’est assez varié, je regarde un peu tout, mais c’est vrai que je suis moins dans la hype. J’en suis encore à regarder le niveau ou le style d’un gars plutôt que la vibe qu’il peut y avoir autour d’un rider… Je suis resté sur un peu les mêmes critères que ce qu’on aimait quand on était plus jeune, mais je me suis un peu ouvert, parce que c’est vrai qu’à l’époque, on était assez fermés !

A quand remonte ta dernière session ?

Lundi, avant-hier, à Cladel, avec Victor (Ambrosio) et Charly (Leclercq) !

180 back fakie nosegrind - photo : Benoit Copin Switch Bigspin Heel Front - photo : Benoit Copin Backside tailslide - photo : Benoit Copin

Sponsors : Nike SB, Nozbone depuis 2016.
Né le 22 avril 1976 à Clamart

Interview réalisé par: