Crooked to Fakie - photo : Sebastien Panzarella

5 questions : Joseph Biais

« quelque part je suis un peu ‘pro’ »

Avec toutes les parutions, les couvertures, les video parts, et les interviews que tu as fait récemment, comment tu expliques le fait que tu ne sois pas ‘pro’ (pro tel qu’on l’entend dans le skate, à savoir avoir un pro-model et vivre de ça) ?

Je pense que le skate (comme pour plein de domaines d’ailleurs) n’est pas une sorte d’équation exacte : video part + interview + footage = pro. Ce n’est pas parce que tu feras “bien comme il faut” que des gens vont décider de compter sur toi, de te donner les moyens de ne faire que/plus de skate, et quelque part je trouve ça cool. Ça fait partie du jeu, ça dépend de tellement plus de facteurs : le talent, les connexions, le timing, la personnalité, la chance aussi… Après j’ai techniquement déjà vécu du skate, avec l’aide du RSA et je gagne encore des sous grâce au skate aujourd’hui, donc quelque part je suis un peu “pro”. Mais le côté pro-model c’est encore autre chose. J’ai skaté pour des marques soit qui n’étaient pas trop dans ce schéma de pro-boards, soit pour des marques en flow où la question d’avoir un pro model ne se pose même pas… Mais ça me va très bien comme ça.

Est-ce que l’idée de monter une marque t’a déjà effleuré l’esprit ? Tu pourrais ainsi toi-même te donner une board à ton nom…

J’ai déjà plus ou moins pensé à faire une marque mais pas une marque de board, donc non. 

Quel est ton job, aujourd’hui et en quoi ça consiste ?

Je suis responsable marketing skateboard pour Carhartt WIP. Tout ce qui touche au skate chez Carhartt WIP passe par moi, c’est donc très large. Je m’occupe aussi bien du team, que des commandes pour les skaters, que de la pub, l’administratif, les divers projets, les trips…

Comment fait-on coïncider un job à plein temps et la vie de skater-pro-sans-pro-model ? 

Ce n’est pas si compliqué que ça. Je skate vraiment énormément sur mon temps libre, le week-end, en semaine après le travail en été et à Cosanostra en hiver. La plupart de mes vacances je m’arrange pour me caler sur des trips de skate prévus soit entre potes soit pour une marque. Après j’ai aussi la chance de travailler dans le skate et avoir l’occasion de skater plus qu’en travaillant n’importe où ailleurs, notamment en trip ou pour des projets divers que j’organise et où je dois être là. Après évidemment parfois c’est frustrant de ne pas pouvoir aller skater quand il fait beau ou quand il y a un trip de prévu et que je ne peux pas y aller mais en même temps quand il ne se passe rien ou que le temps est cafard je suis bien content de ne pas trainer dehors et de faire quelque chose de productif. C’est même un plutôt bon équilibre je dirais, quand le moment arrive où tu peux skater tu es évidemment bien plus excité que si tu as tout ton temps et ne fait que ça de ta journée.

Est-ce que tu lis encore des magazines de skate ?

Je ne lis quasiment plus les mags pour être honnête. Il en sort vraiment beaucoup, ce qui est super cool, je pourrais dire que je n’ai pas trop le temps mais si je voulais je pourrais trouver le temps de tous les lire c’est juste que j’ai l’impression que c’est un peu toujours la même chose, et du coup je ne prends pas trop le temps de le faire. Ceux que je dois lire le plus je pense sont Free, du fait que ce soit européen ça donne un bon aperçu de ce qui se passe au global et ça parle de gens/sujets que je n’aurais pas forcément vu dans un mag national. Et aussi SOLO car j’essaie de le lire en allemand et de regarder la traduction anglaise en même temps. J’ai toujours été nul à l’école en allemand, mais je me rends compte que c’est quand même vraiment cool de pouvoir le parler alors j’essaie un peu de progresser dès que j’en ai l’occasion. Cette petite technique avec le SOLO est vraiment pas mal car vu que ça parle d’un sujet qui me parle forcément et dont j’ai envie de comprendre le sens, ça s’imprègne donc un peu plus facilement.

180 Back No comply Back smith

Sponsors : Carhartt WIP, Vans, Element (flow), Öctagon, Nozbone depuis 2015.
Né le 19 décembre 1986 à Clamart

Interview réalisé par: