Frontside Noseslide

8 questions : Mustapha Bennacer

« Je gagne ma vie avec la bagarre ! »

A quel moment tu as décidé que ce serait ton métier ?

Il y a une dizaine d’années, et ça fait un an que j’ai le statut officiel d’intermittent du spectacle.

A ton avis, c’est plus difficile de vivre de la musique ou du skate, en France aujourd’hui ?

Je pense sincèrement que c’est plus difficile de vivre du skate. C’est pas comme il y a une bonne quinzaine d’années ou le skate était en expansion, quand il y avait encore tout à faire qu’il y avait plus de possibilités. Aujourd’hui il y a de plus en plus de gens qui skatent et le niveau est de plus en plus haut… Dans la musique, tu n’as pas besoin d’être un tueur pour te faire connaître ou pour toucher les gens. Avec un peu moins de niveau et un peu de contacts, dans la musique tu peux trouver des petits plans à droite à gauche. Alors qu’en skate, si tu n’as pas trop le niveau, c’est pas évident !

Puisqu’il faut mettre des étiquettes sur tout, comment tu définirais le style de musique de Bagarre ?

On se foutait de notre gueule au début, mais c’est de la musique de club, au sens très large. Pas dans le sens clubbing pur, le club est un endroit hyper intéressant socialement parlant, plein de gens, aussi différents soient-ils, peuvent se mélanger et oublier ce que représente la vie en société aujourd’hui. Mais c’est de la musique à apprécier autant sur enregistrement qu’en live, de la musique d’amour et de paix !

Donc si je vais à la FNAC, je trouverai le CD dans quel bac ?

Musique d’amour ! Ah ah ! Non, je ne sais pas… Je pense qu’ils mettraient ça dans ‘musique électronique’ ou dans ‘pop française’.

Est-ce qu’il arrive qu’il y ait des bagarres lors d’un concert ?

Ca n’est jamais arrivé !

Quels ont été les plus gros concerts que tu vous avez fait ?

On a joué sur la Place de la Bastille pour la gay pride. C’était cool, et c’était important pour nous de faire ça, sur le principe, pour ce que ça représente. Mais je t’avoue que le jour même, on sentait un peu d’électricité dans l’air, rapport aux attentats…

Qu’est-ce qui est venu en premier, pour toi, le skate ou la musique ?

Les deux sont arrivés à peu près en même temps, il y a presque 23 ans. Je me souviens que les boards étaient encore en francs, 510 francs la board ! Je découvrais tout ça, j’écoutais du punk et du metal, et le skate s’associait à ça… C’était une bonne occupation pour le mercredi ou le week-end ! Et au final, c’est la musique qui a pris le dessus. Ca fait bien 5 ans que je ne skate plus à part me déplacer en cruiser, mais c’est marrant parce que c’est encore là, comme si je skatais tous les jours !

Bagarre Bagarre en Live

Sponsors : Nozbone depuis 2007.
Né le 18 décembre 1984 à Paris

Interview réalisé par: