Santiago Sasson

« tu étais obligé de réfléchir un peu plus que si on avait eu des curbs parfaits »

Et est-ce que c’est le fait de faire du skate qui t’a poussé vers l’architecture ?

Pas forcément… mais c’est surtout parce que ma famille est dans l’architecture, du coup j’ai grandi là-dedans. La notion de jouer avec l’espace urbain existe pour moi depuis toujours. J’ai grandi entre Bastille et la Gare de Lyon, à la frontière de plusieurs quartiers donc c’est vrai que je voyais des types d’espaces différents, des ambiances différentes…

A l’époque, Bastille était un endroit incontournable du skate à Paris. Qu’est-ce que tu en gardes comme souvenirs ?

C’était un spot où il n’y avait pas grand-chose et plein de générations différentes qui se mélangeaient assez bien, comme les TIAF, les Bloby’s, nous les NTC ou les anciens comme toi… J’ai vu plusieurs crews prendre le lead à Bastille on va dire ! Comme il n’y a rien d’autre que des marches et des bancs, tu étais obligé de réfléchir un peu plus que si on avait eu des curbs parfaits ou autre…

Le fait de faire du skateboard influence-t’il ton travail d’architecte ?

D’une manière ou d’une autre, je pense que oui. Tu sais pertinemment quand tu dessines un spot ou pas, mais tu n’en as pas souvent l’occasion…

Si tu avais pu influencer la construction de la place de la République, qu’est-ce que tu aurais fait ?

C’est une question difficile. Je trouve que la place est bien pensée. Il y a beaucoup d’espace est il y a moyen de se l’approprier facilement. La seule difficulté étant le partage des espaces parce qu’il n’y a pas beaucoup de places comme ça à Paris. S’il y en avait plus, les gens seraient plus habitués et réagiraient autrement. Là il y a trop de monde, c’est compliqué à gérer, autant pour les passants qu’entre nous, les skaters…

Les skaters se sont clairement approprié la place, je trouve, au détriment des passants à qui elle appartient tout autant finalement…

Oui, on se l’est un peu appropriée, mais malheureusement, c’est le commun de toutes les places, elle appartient à celui qui est là en premier… Le problème est qu’il y a beaucoup de skaters ! Mais je crois que ça arrange bien la mairie, le skate n’est pas ce qui dévalorise le plus la place. On peut le voir avec les modules Volcom ou la rampe qu’il y a eu cet été, c’est mieux pour eux que d’avoir des clochards ou des Nuit Debout qui laissent des bouts de verre partout par exemple. C’est pas inintelligent de leur part de la laisser aux skaters. Ça fait partie du paysage maintenant, la question est de savoir comment ça va vieillir…

C’est toi qui a réalisé, avec Vincent « Coyote » Perrin, la musique du remix Parisii. Comment est-ce que ça se passe ?

Avec Vincent, on a diverses façon de procéder. Sur certains morceaux, on ajoutait des sons un à un, sur d’autres c’était des compo qui partent de quatre notes, sur lesquelles on vient rajouter des trucs… Avec la vidéo, c’est toujours compliqué parce que ça implique aussi le caméraman et le monteur, parce que c’est toujours super chiant pour eux de faire un montage sans son et de l’envoyer comme ça. Quand c’est des parts, la personne roule à peu près tout le temps à la même vitesse, et selon si c’est juste des tricks ou des lines, il y a plus ou moins des notions de rythme… Mais on échange souvent avec les cameramen qui nous donnent leur avis. Vincent gère la partie informatique et moi je suis plus celui qui utilise ses mains ou ses pieds pour jouer, à batterie ou au clavier !

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Né le 13 octobre 1988 à Paris

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