One Foot - photo : Alexandre Pires

7 questions : Yann Garin

« plus je voyageais et moins je dépensais ! »

Pendant combien de temps est-ce que tu n’as vécu que du skate ?

Entre 2001 et 2007, je n’ai fait que ça. En fait, j’avais des bons budgets voyages donc plus je voyageais et moins je dépensais ! Alors je partais le plus souvent possible. J’avais un petit loyer à Evry que j’arrivais à payer avec les primes-paru et les contests. J’ai vécu comme ça pendant sept ou huit ans.

Comment ça s’est arrêté ?

En 2007, il y a eu cette fameuse phrase : « C’est la crise ! ». Tout s’est arrêté net. Ça faisait neuf ans que je ridais pour Globe et du jour au lendemain, je n’avais plus que 2 paires de chaussures par mois et des primes-paru à hauteur de 2500 euros par an. J’ai eu une interview de Sugar et en un seul numéro, j’ai fait les 2500 ! Comparé à 7000 euros de budget voyage, c’était plus pareil… du coup je me suis barré. Au même moment, j’ai emménagé à Paris, donc plus gros loyer, alors je me suis mis à bosser. J’ai trouvé un truc chez American Apparel où je bossais de nuit avec une équipe de skaters qui étaient dans la même situation…

Aujourd’hui, à travers Instagram, j’ai l’impression que tu fais de nouveau du skate tous les jours…

Je skate à peu près tous les jours mais il y a le skate où tu fais des tricks et le skate où tu pousses juste pour te déplacer. J’ai pris cette habitude pour garder la forme : dès que j’ai une course à faire, je prends ma board avec des roues plus ou moins molles. Les Haze Deflated Dolls par exemple ne sont pas trop molles, tu peux quand-même faire quelques tricks, c’est un bon compromis.

Pourquoi ‘101chichi’ ?

One-O-One, c’était la marque phare des années 90 avec Gino Iannucci, Natas Kaupas, Koston, Gabriel Rodriguez… et avec mes potes d’Evry, on s’amusait à trouver des 101 partout. Par exemple mon pote Jean-Paul, à chaque fois qu’il faisait le plein, il mettait 101 francs ! Ah ah ! On essayait de mettre des 101 dans tout ce qu’on faisait et puis plus tard, mon gamer tag sur Xbox était Chichi101. Mais ça existait déjà sur Instagram, donc j’ai juste mis les chiffres avant. Chichi c’est un peu pour « Chinois », et aussi à cause d’un gars des Truckers, à l’ancienne, qui m’appelait Chich’kebab ! Je ne sais pas pourquoi mais c’est devenu chichi… Ajoute à ça Marc Haziza qui trouvait que je faisais beaucoup de chichis dans les contests et voilà…

Tu passes combien de temps à filmer, comparé à skater ?

En gros, je filme quand je n’ai pas trop envie de skater. Avant, il arrivait que j’arrive sur le spot, que je dise bonjour à tout le monde, que je m’énerve tout de suite sur un trick et que je rentre chez moi au bout de 10 minutes. Aujourd’hui, je ne m’énerve plus, si ça ne marche pas, je filme, et parfois, ça finit même souvent par me remotiver à skater.

Qu’est-ce qui a changé entre toi, skater de 20 ans et toi skater de 40 ans ?

C’est surtout la récupération qui est bien plus longue. J’ai des douleurs qui sont là, qui restent, notamment au talon, aux hanches ou au cou. J’ai des torticolis chroniques, tous les 3 mois j’ai droit à une barre au niveau des cervicales… Ma façon de skater a aussi changé, je suis beaucoup plus prudent, je fais un peu toujours les mêmes tricks, j’essaye de les garder et progresser n’a plus d’importance. Maintenant, il faut juste tenir ! Ah ah !

Comment tu as atterri chez Nozbone ?

Quand j’étais chez Street Machine, on m’avait déjà proposé de rider pour le shop. A l’époque, j’avais un peu hésité mais comme ça se passait bien à la Machine, je n’avais pas envie de créer des embrouilles… C’est par le biais d’Element, en fait, quand j’ai commencé à bosser au shop après American Apparel, après la fin de Street Machine. Franck Barattiero venait d’intégrer l’équipe du shop Element qui était géré par Alexis de Nozbone à l’époque, et où j’ai commencé à faire des petits extras par la suite. J’ai fini par faire 2 mi-temps, un chez Element et un chez Nozbone jusqu’en décembre 2016. Aujourd’hui je ne suis plus que chez Nozbone le lundi et le mardi et j’arrondis mes fins de mois en filmant la rue avec mon Iphone !

Nose Grind - photo : David Turakiewicz One Foot - photo : Alex Pires No Comply - photo : Alex Pires

Sponsors : Nike, Screwheads, Nozbone depuis 2016.
Né le 3 janvier 1977 à Evry

Interview réalisé par: